- L'etoile Noire -

À la Mémoire de René FAUTH (CA1)

René FAUTH rejoint le CFP à Toulouse, au camp de Bordelongue, où vec d'autres jeunes il bénéficie d'une instruction militaire. Après les combats d'Autun, il rejoint le CFP en train de se réorganiser dans le secterur de Dijon.
Il signe son engagement pour la durée de la guerre le 6 septembre 1944 et il est incorporé au bataillon COURET .
Son groupe quitte Toulouse et après 4 jours de train le voilà à DIJON. Etant à DIJON, son unité comprenant le batailon COURET devient le Détachement LE MAGNY, commandant PARISOT. Il y poursuit sa formation militaire, puis est affecté à la CA1 comme tireur à la mitrailleuse avec GIRAUDON comme chargeur, GAUD chef de pièce et quatre chassseurs comme pourvoyeurs. Ils avaient une mitrailleuse légère Browning (7,62). Les armes individuelles étaient des mitrailettes STEN (MK2) et des armes, prises de guerre.

Le 11 novembre 1944, il quittent CORNOT, pour aller dans les VOSGES où il cantone dans une grange aux SAPINS DU HAUT.
Le 20 novembre, il participe à l'attaque du THILLOT, Les deux pièces se déplacent vers les positions désignées. Il faut éviter les mines et courir en terrain découvert. FAUTH porte la mitrailleusej et GIRAUDON le trépied, plus leurs armes individuelles et des bandes de cartouches. Le lieutenant et le sergent leur font signe de les rejoindre. Le passage qu'ils prennent est à découvert et ils sont arrosés de minens et de balles. FAUTH et GAUD sont touchés, GIRAUDON, baissé pour mettre le trépied en place, n'a rien, FAUTH est gravement atteinf à la poitrine et à une épaule, deux pourvoyeurs sont également atteints. Ils ne sont plus que trois sur sept.

GIRAUDON et FAUTH étant de retour sont à la 3e Cie. Ils se retrouverons en occupation à LUDWIGSHAFFEN en 1945. Des années après, GIRAUDON retouve la trace de René FAUTH sans avoir pu le revoir et apprend qu'il vient de disparaitre.

Tiré d'un récit de René GIRAUDON (E.N.N° 178, 4e tri 2005)

 

- J'allais avoir 18 ans -

Conscrit de mon joli village de Saint-Amarin - 68 300 - (les malgré - nous) de la classe 1942, j'assiste le 18 mai 1940 à l'arrivée des allemands. Avec 4 de mes camarades nous nous enfuyons à travers les forêts pour échaapper à l'armée allemande. Après 48 heures de marche nous revenons chez nous. Les allemands après leur écrasante victoire, se montrent magnanimes en expulsant les familles de mon village dès le 18 décembre 1940 pour "francophonie". Me voilà avec les miens, en exode, pour éviter les camps de concentration, .
Deux jours de chemin de fer et nous sommes accueillis à Bagnères de Bigorre par la Croix Rouge.
J'aurais aimé rejoindre l'AFN, mais on me garde à Pau et pendant trois mois j'exécute des corvées en tant que civil en attendant la régularisation de mes papiers. Le 1° avril, me voilà engagé au 18° RI, 6 mois de classe sous les ordresdu Capitaine POMMIES (futur chef du CFP). Je suis alors versé à la musique du 18° RI où se trouvaient de nombreux prix de conservatoire de Paris. Parallèlement, après ma réussite au concourt d'entrée au conservatoire de Pau, je suivais la classe "trombonne " . Mais le 11 novembre 1942, les allamands franchissaient la ligne de démarcation. Les 800 soldats du 2° Bataillon du 18° RI restent enfermés durant un long mois avnt d'être mis en congé d'armistice. On m'avait même changé mon nom patronymique. Je trouve alors mes parents installés dans une petite ferme à Castelnau-Rivière-Basse. Quelques jours plus tard je reçois une convocation de Tarbes pour regagner le STO en Allemagne. Heureusement qu'un Monsieur portant la légion d'honneur, sachant que j'étais alsacien, m'évite ce départ en m'affectant à Lannemezan à la S.P.A..
C'est dans ce cantonnement que je fis la connaissance de celle qui devint ma femme, Simone CLAVERIE. Je reçois bientôt la visite d'un lieutenant de l'Armée d'Armistice qui m'offre deux soluions : ou le maquis ou je suis rayé du 18° RI.
J'accepte le maquis et le 4 juin 1944 je me retrouve à Castel-Magnoac avec d'autres camarades au maquis du CFP. Nous étions 25 avec le Lieutenant et le Capitaine. Personne ne voulant prendre le fusil mitrailleur, j'ccepte de le détenir. C'était une arme anglaise le "Bren" avec une poignée et deux canons de rechange.
A la mi-juin dans le maquis, le capitaine nous dit «il nous faut à tout prix un véhicule» J'annonce que je sais où le trouver ( à la SPA où j'avais été aide-chauffeur ). L'usine où j'étais employé travaillait pour les allemands. Un soir à Lannemezan, avec deux autres maquisards nous ligotons le gardien et nous voilà partis avec une camionnette. Il était minuit, à la rampe de Capvern nous tombons sur un convoi blindé allemand. Il y en avait partout, en pleine nuit sur des kilomètrs. On roulait à 30 km à l'heure. On avait croisé un régiment qui rejoignait la Normandie. On ne l'a appris que le lendemain. "Celui qui n'a jamais eu peur est un menteur..."
Fin juin, au cours d'une embuscade dans la forêt de Campusan nous nous trouvions à 10 m des soldats allemands. Le capitaine, sa main sur mon épaule me dit, «surtout ne tire pas! »
Les 8, 10 et 11 septembre 1944 on traverse une partie de la France à bord de "gazogènes" et on arrive à Autun où nous tombons sur une division allemande qui éssayait de gagner la Suisse. Derrière un vieux chêne, à moins de 100 m j'ai tiré 25 chargeurs et changé deux fois le canon de mon "Bren". ça tirait de partout...
On allait être encerclé. Tout à coup un bruit de chenilles se fait entendre : c'était les chars de la 3° D.I.A. du général MONSABERT, le 7°RCA et les Bérets Verts : nous étions sauvés ! On pleurait tous, on s'embrassait. Le CFP est devenu le 49° RI. Les galons FFI ne comptant pas, je me suis retrouvé 2° classse, alors que j'étais sergent !
La guerre se poursuivant, l'ancien Chef du CFP me remit la Croix de Guerre en juin 1945 à Stuttgart. Quelques années plus tard, ce même chef du CFP, le Colonel POMMIES , alors commandant la subdivision de Tiaret (Algérie), me remit la Médaille Militaire à Aflou le 9 novembre 1957.

À travers ces péripéties, on treconnait Armand WILHEIM qui a également fait campagne en Indochine et en algérie.

 

- Vanden, un héros d'indochine, ancien du CFP -

 

Roger VANDENBERHE, est né le 26 octobre 1927 à Paris, il est avec son frère Albert pris en charge par l'Assistance Public. En 1940, tous deux suivent une colone de réfugiers parisiens et sont recueillis en juin par la famille LACOMME à Castillon d'Arthez, village béarnais.

Ne pouvant supporter l'occupant, se trouvant en bordure de la frontière espagnole, il a 13 ans quand il intégre une organisation de passeurs. Au cours de ces opérations, il aura réussi plus de 200 passages de frontière.

Il cherche à s'engager dans les rangs de la résistance et fait la connaissance du Corps Franc Pommiès et s'y engage à 16 ans.

Le 3 juillet, il est contacté par Jeannot, qu'il connait bien et qui l'invite à rejoindre son frère Albert, déjà parti au maquis depuis une quinzaine de jours. Accepté, intégré, il prend une part active aux combats de la Seconde Guerre mondiale. Le premier auquel il participe a lieu le 22 août 1944, il s' agit de l'attaque d'une colonne de cyclistes allemands retranchés au nord d'Arthez.

La libération du Béarn ayant touché à sa fin, depuis Mauléon, la 5° Compagnie du Capitaine PEILLON, à laquelle il appartient embarque pour la poursuite des combats dans les Vosges avec ses nombreux amis du 2° Bataillon. Du 12 au 27 novembre la 5°Compagnie tient les positions du col de Mesnil aux abords de Bussang. 
Poursuivant son avancée elle atteint le Lochberg, puis c'est la crête du Brennwald, sous les tirs ennemis. Les dégats sont importants. Sont touchés : le Colonel de CARRERE, le Commandant de MAUPEOU. Le Sous-Lieutenant Saint VOIRIN est tué. Le capitaine PEILLON appelle Raymond BEGUE, le chef de section et lui demande de faire taire l'automoteur qui a causé ces pertes. Sous les ordres de BEGUE, VANDEN rage ! « En avant » . VANDEN fonce vers l'emplacement où pouvait être installé l'ennemi. La section suit en formation éclatée, personne. L'automoteur est repéré à une centaine de mètres sur la droite. «VANDEN, VANDEN», venez ici ! Ne partez pas seul ! Il fonce. Rien ne l'arrêtera, ni personne. Deux camarades le suivent. Ça y est, une énorme carcace grise enfouie sous la neige apparaît, une croix noire sur la tourelle. Deux allemands qui ont été surpris sont abattus. Le véhicule dégage. La route est libre vers Ramersbach, Schlifels et Oderen.

Puis c'est la poche de Colmar, Décembre 1944 et janvier 1945, le terrible hiver de la campagne d'Alsace sur le Haut Kruth entre Gompkopf et Griepkopf. Le 2 février, Il faut reprendre la progréssion en dégageant le terrain pourri de mines. Mission périlleuse. Trois volontaires se sont présentés qui ont sauté, quatre suivent, blessés à leur tour; Qui va poursuivre ? Un colosse se présente, enfoui sous sa veste couverte de boue. Il s'avance dans le couloir, se couche et commence le travail de déminage parvenant à dégager 4 cylindres noirs. Soudain il se relève et part seul vers le carrefour indiqué. Reviens ! Reviens ! Non, il sait que la reconnaissance de ce carrefour est l'objectif de la mission. Il y va. Il adisparu dans la brume. Une raffale... une explosion. Regarde, c'est lui ! Après avoir abattu un allemand au carrefour, il revient par les lisières, lorsqu'il saute sur une mine. Blessé, il est trainé jusqu'à l'infirmerie. Un vieil infirmier l'interroge : « Comment t'appelles-tu ? - Roger - Ton nom ? - VANDENBERGHE, on m'appelle VANDEN - Quel âge as - tu ? - Je viens d'avoir 17 ans.»
L'infirmier rejoint le médecin et lui dit : « Un sacré type. Il ne se plaint pas. Un sacré bonhomme, ce gosse.»

Prmière blessure, première citation. Les plaies vite cicatrisées, trois semaines plus tard il est opérationnel. Les patrouilles se succèdent. Rien ! Une maison suspecte a été repérée. Il faut savoir. Comment faire ? Une patrouille ? trop bruyante, Un seul homme, pourquoi pas. VANDENBERGHE est désigné. À la nuit, il se glisse vers la forêt et s'approche de l'objectif. Il rampe, écoute, repart et parviens à entrer dans la masure qu'il trouve vide. Il va y passer la nuit en poursuivant des recherches dans les pièces qu'il découvre. il butte sur une vareuse d'officier allemand. Il l'inspecte. Une poche intérieure est pleine de documents qu'il récupère. A sept heures il rejoint sa section et remet les documents à son chef de groupe. Il a ramené la sacoche d'un officier allemand de l'état-major de la division allemande voisine, les informations qu'elle contient sont de la plus haute importance.
Tout jeune il a été au Corps Franc Pommiès à la dure école de la formation militaire et de l'apprentissage du métier de soldat.
Après la campagne d'Allemagne il sera, en occupation à Berlin avec le 49° RI ex CFP.

Il donne une suite à cet engagement en partant pour l'Indochine au sein du Bataillon de Marche du 49° RI. Il est rapidement au coeur des combats les plus durs. Sa réputation grandit avec ses succès. Le Viet Minh met sa tête à prix.

Quelques hommes, feront échouer l'offensive d' un régiment Viet Minh parti à la conquète des pitons de Nihn Binh en les prenant à revers . Ces hommes sont le commando des Tigres Noirs de VANDENBERGHE constitué avec les premiers prisonniers capturés. Ils sont vêtus de noir et leur chef lui même, vêtu d'un pyjama noir et d'une veste matelassée, porte le casque de latanier marqué de l'étoile du Viêt-minh. Il dénote à côté des officiers que le Maréchal DE LATTRE DE TASSIGNY a réunis à Phu Ly. Le voyant au loin le fixant du regard, il demande à son fils : « Bernard, qui est cet homme ? » Ce dernier répond : « c'est VANDENBERGHE , il est connu de tous entre le Day et le fleuve Rouge.»
De Lattre s'approche. A six pas, VANDENBERGHE le salue.
« Tu es adjudant, paraît-il. Que fais-tu dans cette tenue et sans galons ?»
« Mon Général, je reviens de la guerre. Je ne porte jamais de galons par ce que je me déplace seulement en zone viêt.»« Et tu crois que c'est payant ?»
« Oui, je vais les chercher dans leur zones, il m'arrive de les faire sauter avec leurs grenades ou les mines que je leur ai fauchées. Ce matin, j'ai ramené un officier qui connaît le stationnement de la brigade 304...»
Jeune adjudant, il n'a que 24 ans !


6 janvier 1952, 1h. 30. dans la nuit, sa belle histoire s'achève dans la forêt du Delta, il est assassiné par un traître, abattu sur sa couche. On a constaté 80 points d'impact sur son lit. Il avait 25 ans. Il est inhumé au cimetière militaire de Nam Dinh.
Sa dépouille mortuaire a été ramenée à Castillon d'DAthez, où il repose à côté de son frère depuis 1987.

Il a été blessé 12 fois, par balles et par éclats. Il est le soldat le plus décoré de l'Armée Française. Chevalier de la Légion d'Honneur, Medaille Militaire, cité 18 fois dont 11 à l'ordre de l'Armée.
Cas sans précédent, un Sous- Officier commande un Bataillon. On vit à Cholon un Capitaine commandant une Compagnie de renfort se mettre sous les ordres d'un Tigre Noir Adjudant- Chef. Partout où paraît VANDEN les Viets sont battus.

C'est à Paris, dans la cour des Invalides qu'une citation posthume à fait de Roger VANDENBERGHE « Un Héros National»

D'après les archives de Jean LOUSTAU et celles du CFP fournies par René ROUY et Roland VILLENEUVE, Passages Indochine tirés de : "Histoire du monde".

 

Dissolution de l'O.R.A.

 

Et le combat, cessa faute de combattants... Et l'O.R.A. cesse faute d'adhérants. Le 31 décembre  2010 la dissolution ayant été décidée lors de l'assembleé générale du 4 juin 2010.

Après plus de 60 années d'existence, l'âge et ses conséquences ont réduit le nombre d'effectifs et amèné à cette décision.
Les archives seront déposées au Service Historique du Ministère de la défense.
Le Comité d'Action de la Résistance (C.A.R.) où est encore un représentant, qui en est le Secrétaire Général, y assurera la mémoire de l'O.R.A.

Le drapeau a été confié au 1° Régiment d'Infanterie, ancienne unité de la Résistance de l'O.R.A.

Qu'était-ce que l'O.R.A. ?

L'Organisation de Résistance de l'Armée est née de la transformation de l'Armée de l'Armistice en Armée Clandestine sous les ordres du général VERNEAU en 1942. Elle ne dispose que peu de moyens et d'effectifs.
Dès juillet 1940, les premiers objectifs des militaires furent le camouflage du matériel pour soutenir un débarquement allié espéré et souhaité. Des officiers étaient chargés d'une mobilisation clandestine pour les services secrets de l'armée dont l'action se poursuivait

Cette Armée s'appelle d'abord « Organisation Métropolitaine de l'Armée : O.M.A.» Élément avancé de l'Armée d'Afrique, le Général GIRAUD en donne le commadement au Général FRÈRE qui vient de quitter le service actif.
L'O.M.A. deviendra l'O.R.A. au cours de l'hiver 43-44. Elle reconnaît pour chef le Général de GAULLE. Elle participe à l'encadrement de la résistance et crée des unités dont certaines sont très importantes, notammant dans le S-O de la France, telle le Corps Franc Pommiès, 9 000 hommes le 6 juin 1944.
À la même époque, l'O.R.A. comptait 68 000 hommes, des volontaires qui ont choisi une organisation imprégnée des règles de notre Armée, 68 000 dans la zone sud, 32 000 dans la zone nord. Ces unités sont totalement intégrées dans dans le dispositif des Forces Françaises de l'Intérieur (F.F.I.)
L'O.R.A. souvent mieux armée, mieux encadrée, permit à ses unités de jouer un grand rôle, dans l'appui aux forces de débarquement.

Mais la libération régionale ne suffif pas. L'objectif de notre Armée est la libération totale de la France. Aussi, les maquis O.R.A. rejoignent la 1° armée Française et continuent la lutte jusqu'à la victoire. Tel le Corps Franc POMMIÈS 49°R.I. qui combattra jusqu'à STUTTGART.
Le 49 RI occupera Berlin avec les alliés, de septembre 1945 à mai1946. Le
8 mai 1946 un détachement du 49° RI défilera avec les alliés pour le 1° anniversaire de la capitulation allemande.


Le 49 RI représentera l'Infanterie Française au défilé de la Victoire totale à Berlin le  7 septembre 1945, après la capitulation du Japon le 2 septembre à bord du Missouri en rade de Yokyo, la France étant représenté par le Général LECLERC,

Tiré en partiie de l'article d'A-R Villeneuve paru dans l'Etoile Noire N° 197

 

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